Offre ou Demande ?

L'impact sur l'économie française des programmes des candidats à l'élection présidentielle

Points clés de l'article :

  • Les programmes des candidats à l’élection présidentielle sont radicalement opposés, selon qu’ils privilégient les entreprises (offre) ou les ménages (demande)
  • L’analyse d’impact des programmes envisagés sur les patrimoines des candidats justifient le positionnement Droite-Gauche

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle française, voici un petit tour d’horizon des propositions économiques des différents candidats notamment en matière de fiscalité et en rapport avec l’assurance vie.

Analyse des réformes fiscales envisagées par les quatres principaux candidats.

La relance de l’économie du pays est un enjeu crucial pour les différents candidats, mais les moyens pour y arriver font apparaître des divergences radicales de vision. En effet deux possibilités s’offrent aux candidats : la relance de l’économie par l’offre, qui consiste à mettre en place des dispositifs permettant d’accroître la compétitivité des entreprises et leur permettre de produire plus, mieux, ou moins cher ; et de l’autre côté une reprise de l’économie par la demande, en (re)donnant la possibilité aux citoyens de consommer plus.

 

Le mot du Gérant

Les principaux candidats à l’élection présidentielle s’opposent notamment sur un axe principal : faut-il mener une politique économique favorisant l’activité des entreprises (politique de l’offre) ou bien au contraire une politique soutenant la consommation des ménages (politique de la demande). Bien évidemment, afin d’attirer à soi le vote des électeurs, il est plus facile de promettre des revenus additionnels à court terme qui permettraient de consommer plus. Mais l’économie française n’est pas structurée pour faire face à un surcroît de consommation sans faire appel massivement aux importations en provenance de pays tiers. En effet, notre balance commerciale est déjà très déficitaire car le tissu industriel n’est plus adapté pour répondre à la consommation des ménages. Par ailleurs, il s’agirait là d’une erreur d’analyse car la consommation est déjà LE point fort de la croissance française, notamment grâce à notre démographie a-typiquement favorable par rapport à nos voisins européens. De plus, les parachutes sociaux sont tout particulièrement développés en France, ce qui assure déjà un « coussin » de consommation même lors des crises économiques prononcées (cf. résistance relative du PIB français lors de la crise des « subprimes »). Le prochain locataire de l’Elysée devrait plutôt concentrer ses efforts sur l’amélioration de la formation des employés (cf. apprentissage), flexibiliser l’emploi, prolonger les initiatives telles que le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ou encore le crédit d’impôt recherche,… Ce n’est que par des efforts soutenus dans la durée qu’il sera en effet possible de régénérer un tissu industriel plus diversifié, plutôt que les quelques pôles d’excellence qui caractérisent encore notre économie (cf. aéronautique, Défense, luxe,…). Être un bon patriote, sur le long terme, c’est voter pour une politique de l’offre qui permettra en fin de compte de préserver sur la durée la consommation nationale et son statut international.

Vincent Lequertier

Gérant Senior chez WeSave

 Le mot du Conseiller patrimonial

Une relance de l’économie par la demande dont le programme le plus représentatif est celui de Jean-Luc Mélenchon permettrait d’avoir à court terme une augmentation du pouvoir d’achat et donc  une capacité d’épargne plus importante. En parallèle, une relance économique par l’offre dont le programme le plus représentatif est celui de François Fillon permettrait sur le long terme d’accroître la compétitivité des entreprises  permettant potentiellement aux citoyens de profiter de hausses de salaires, de marchés financiers porteurs (via les ETF) afin d’épargner et diversifier leur patrimoine.

Les onze candidats à l’élection présidentielle ont tous leur programme, leurs propositions afin de relancer l’activité économique des entreprises ou favoriser la consommation des ménages mais ces divergences politiques se caractérisent-elles également au niveau de leur comportement d’épargnant ?

Après analyse des déclarations de patrimoine des candidats, la réponse est non. En effet, pour la majorité des candidats, le constat est le même, le patrimoine se compose majoritairement d’actifs immobiliers et de liquidités, de plus, ceux-ci n’ont que trop peu recours à l’effet de levier qu’offre le crédit en cette période de taux bas.

Voici un détail rapide de la composition du patrimoine des 4 candidats présentés en début de cet article :

 

Bien que l’on constate l’effort de diversification de patrimoine (à poursuivre) réalisé par Monsieur Macron et Monsieur Fillon, ceux-ci font partie des seuls candidats à avoir diversifié leur épargne via l’épargne à long terme.

Cette surexposition aux actifs immobiliers (probablement financés en partie via des fonds propres du fait du faible endettement des candidats) permet certes de se constituer un patrimoine tangible et relativement sécuritaire cependant, celle-ci met également en avant un manque flagrant de diversification du patrimoine, et de préparation de leur avenir. Moins d’un tiers des candidats dispose d’une épargne en vue de la retraite type PERP ou assurance-vie qui est pourtant le placement préféré des français. Qu’il s’agisse d’un manque de temps ou d’implication, les candidats à l’élection présidentielle ne figurent pas parmis les bons élèves en ce qui concerne la gestion de leur patrimoine immobilier et financier alors qu’ils seront en partie décisionnaires de la réglementation et de la fiscalité liée au vôtre. Qu’elle que soit votre conviction politique, pensez à épargner, pensez à diversifier votre patrimoine et le cas échéant vous faire accompagner par un professionnel qui sera en mesure de vous conseiller.

Rémi Morzynski

Conseiller chez WeSave

Impact sur son propre patrimoine du programme économique du candidat :

Maintenant que l’on a une vision un peu plus claire du patrimoine des candidats il est intéressant d’étudier l’impact de leur programme sur leur propre patrimoine.

François Fillon : S’il met en oeuvre ses propositions, François Fillon bénéficiera des différentes mesures appliquées, entraînant une baisse de ses impôts notamment grâce à la refonte de la fiscalité du patrimoine, revue à la baisse, et grâce à la suppression de l’ISF. De plus la proposition visant à faciliter les donations aux enfants et petits-enfants lui permettra de transmettre à moindre frais son patrimoine à sa descendance.

Marine Le Pen : De même pour Marine Le Pen qui souhaite faciliter la donation aux enfants sans taxation, afin de pouvoir recevoir le patrimoine de son père et le transmettre à ses enfants. Une baisse de l’imposition sur le revenu est aussi à prévoir, ce qui pourrait lui être bénéfique.

Emmanuel Macron : Les propositions fiscales d’Emmanuel Macron entraîneront une baisse de son salaire et du rendement de ses placements avec l’augmentation de la CSG et le prélèvement unique sur les revenus du capital. Néanmoins la refonte de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) auquel il a récemment été assujetti, pourrait lui bénéficier.

Jean-Luc Mélenchon : Jean-Luc Mélenchon serait le candidat le plus impacté par son propre programme, car la mise en place de ses propositions entraînerait une hausse de ses impôts et sa volonté de renforcer les droits de succession sur les gros patrimoines pénaliserait son héritière.