Date de publication : 1 octobre 2020

La crise sanitaire de la COVID-19 a incité, et même souvent contraint, les Français à épargner bien plus qu’à l’habitude. Certaines dépenses n’ayant pu être réalisées pendant ou après le confinement, ou bien encore par crainte d’un avenir difficile (chômage potentiel, fiscalité future…), ce sont près de 100 Mds € de surcroît d’épargne qui pourraient être amassés en France en 2020. Diverses alternatives d’épargne s’offrent pour sécuriser ces sommes, dont le traditionnel fonds 100% en euros de l’assurance-vie. Mais les médias alertent régulièrement quant à la faiblesse actuelle et plus encore à venir des rendements des fonds en euros. Nombreux sont alors nos clients nous interrogeant quant à l’opportunité ou non d’épargner encore au travers du fonds 100% en euros ou bien de prendre éventuellement un peu de risque au travers du profil 1 (P1) proposé par WeSave. Au travers de cet Éclaireur, nous allons chercher à apporter des éléments de réponse à cette question.

Il convient d’abord de faire un rappel : le choix de tout profil dépend avant tout des trois paramètres que sont la nature du projet, la durée envisagée d’immobilisation des capitaux, et l’appétence ou non pour le risque de l’épargnant. Si ce dernier sait par avance que l’intégralité des capitaux confiés devront nécessairement être retirés dans un bref délai et qu’il est indispensable qu’aucune moins-value ne vienne les amputer (cf. apport d’un achat immobilier par exemple), alors la garantie en capital du fonds 100% en euros doit être privilégiée. Si en revanche la période prévisible de retrait des capitaux est éloignée, l’espérance de gains additionnels du P1 peut probablement être envisagée favorablement, sous réserve qu’une potentielle perte en capital soit jugée supportable. Une fois ce rappel effectué, procédons à une comparaison plus fine des avantages et inconvénients respectifs de ces deux options d’investissements chez WeSave.

L’enveloppe contractuelle de ces deux contrats est la même : il s’agit de contrats individuels et non pas de contrats collectifs comme le proposent la plupart de nos confrères. Pour rappel, un contrat individuel est un contrat conclu directement entre l’épargnant et l’assureur, donc sans tierce partie intervenante. Les termes du contrat individuel (les divers frais notamment !) ne peuvent être modifiés sans l’aval personnel du client, alors approuvés via un avenant au contrat. Un contrat collectif fait en revanche intervenir entre le client et l’assureur un intermédiaire, et c’est cette personne morale intermédiaire qui a alors autorité pour donner ou non son aval aux changements de règles contractuelles initiales, quand bien même le client final n’en serait pas d’accord.

La fiscalité appliquée à ces deux contrats de WeSave est identique. Pour tout contrat d’assurance-vie multisupports, les revenus et les plus-values ne sont imposés qu’à l’occasion du rachat total ou partiel du contrat. Seules les plus-values sont alors taxées, et cela dépend de la date du retrait des capitaux et du choix fiscal de l’épargnant entre le prélèvement libératoire ou bien l’intégration des intérêts dans le revenu imposable. La fiscalité s’applique à toute plus-value réalisée au sein du contrat, quel que soit l’instrument financier ayant engendré cette plus-value.

Les délais de mise à disposition des capitaux sont sensiblement identiques en cas de rachat total ou partiel de chacun de ces deux contrats. En fonction des consignes du client, l’assureur Suravenir se charge de solder dans les meilleurs délais tout ou partie du contrat, quels que soient les actifs sur lesquels ce dernier est investi, et il met ensuite les capitaux à la disposition du client sur son compte bancaire.

La composition de ces deux contrats de WeSave diffère partiellement. Ces deux contrats ont un très important socle commun : le fonds en euros Suravenir Rendement. Toutefois, si le fonds 100% en euros de WeSave ne possède par construction aucun autre investissement que ce fonds Suravenir Rendement, le P1 de WeSave alloue en revanche une partie de ses capitaux sur des Unités de Compte (UC). Pour rappel, les UC sont des actifs financiers de toute nature ou zone géographique : actions, obligations souveraines, obligations d’entreprises, matières premières… L’une des spécificités de WeSave est d’investir la part du contrat consacrée aux UC sur des instruments financiers très peu chers que sont les Exchange-Traded Fund (ETF), c’est-à-dire des fonds cotés en bourse répliquant strictement la performance d’indices de référence de l’une ou l’autre des classes d’actifs. Ainsi, par un achat unique d’ETF, il est par exemple possible de s’exposer instantanément aux 40 valeurs de l’indice CAC40 français, à un ensemble d’obligations émises par les États européens, ou bien encore à un panier diversifié de matières premières, et cela pour un coût dérisoire. La règle d’investissement du P1 de WeSave est d’avoir nécessairement entre 35% et 55% de fonds en euros, le solde (65% à 45%) étant investi sur des UC.

Les actifs détenus par ces deux contrats n’étant pas identiques, leurs structures de frais diffèrent. L’un des objectifs ayant motivé la création de WeSave et de sa gestion atypique était de limiter autant que possible les divers frais, de façon à améliorer d’autant la performance des capitaux lui étant confiés. Pour tout contrat chez WeSave, des frais de gestion de 0,6% de l’actif sont prélevés chaque année par l’assureur Suravenir. Ce sont les seuls s’appliquant au fonds 100% en euros. Pour ce qui est du P1, en plus de ces frais de 0,6% prélevés par Suravenir, WeSave se rémunère exclusivement sur la part des contrats étant investie en UC, c’est-à-dire là où sa valeur ajoutée de gestion et d’accompagnement patrimonial s’exprime : 0,7% de frais de gestion sous mandat. Enfin, 0,2% de frais additionnels sont retenus pour l’emploi des ETF. Pour un P1, la rémunération de 0,7% de WeSave s’applique donc seulement sur 45% à 65% des capitaux du client, c’est-à-dire la part exposée aux UC, alors qu’il n’y a aucune rémunération de WeSave pour un contrat 100% en euros. 

La principale différence entre ces deux contrats porte sur le niveau de garantie en capital offert et le risque potentiel assumé au travers des UC détenues. Le fonds en euros présente l’avantage d’offrir une garantie en capital, brute des frais prélevés par l’assureur. Autrement dit, le client de WeSave plaçant son épargne sur le fonds 100% en euros préserve l’intégralité de ses capitaux et accumule des plus-values tant que la rémunération annuelle du fonds Suravenir Rendement reste supérieure à 0,6%. Pour rappel, en 2019 ce fonds a rapporté 1,6%, après prélèvement des frais de gestion. Pour espérer gagner plus sur la durée, l’épargnant doit renoncer à une partie de la garantie en capital et investir sur des UC qui, elles, ne bénéficient pas de cette garantie. Les UC offrent en effet des perspectives de rendements supérieurs au fonds en euros, mais la contrepartie à ce surcroît de rendement est qu’elles présentent plus de risques. 

De quoi est composé le fonds en euros Suravenir Rendement ? Le fonds Suravenir Rendement offrant une garantie en capital à ses porteurs, Suravenir ne peut alors se permettre de prendre de risque significatif sur l’allocation des capitaux lui étant confiés, sous peine de se mettre lui-même en potentiel danger financier. C’est pourquoi les investissements sont en priorité effectués sur des obligations (85,2% de l’actif total) dont les émetteurs, qu’il s’agisse d’États (47,9%), d’entreprises (29%), ou d’institutions financières (23,1%), sont réputés très solvables (87,2% des obligations détenues). Ce n’est que marginalement (14,8% de l’actif total) que Suravenir diversifie ses sources de revenus potentiels au travers d’obligations d’entreprises plus fragiles (i.e. le High Yield), d’immobilier de rapport, d’actions cotées en bourse ou non… Le fonds Suravenir Rendement est un parfait reflet de la discipline d’allocation d’actifs que s’imposent obligatoirement tous les assureurs pour la gestion de leurs fonds en euros, certains mettant toutefois l’accent sur certaines diversifications plutôt que d’autres, l’immobilier par exemple.

Pourquoi le rendement des fonds en euros diminue-t-il et baisserait-il encore ? Pour comprendre le tassement récurrent du rendement des fonds en euros, il faut revenir sur le comportement de ce qui les compose très majoritairement : les obligations. Les crises économiques, financières et sanitaires successives ont conduit les Banques centrales à adopter des politiques monétaires toujours plus accommodantes. Elles maintiennent ainsi depuis de nombreuses années des taux directeurs extrêmement bas, voire parfois négatifs, et procèdent à des achats massifs d’obligations afin de s’assurer que le coût de l’endettement ne puisse pas être un frein à l’activité économique. Cette stratégie, efficace, a toutefois un revers majeur pour les créanciers obligataires : les rendements des obligations s’effondrent. La situation est alors particulièrement compliquée pour les assureurs s’appuyant principalement sur les obligations et leurs coupons pour assurer le bon fonctionnement du fonds en euros et les garanties en capital promises aux souscripteurs. En effet, lorsque les obligations détenues en portefeuille arrivent à échéance, il faut alors remplacer des obligations ayant auparavant des rendements élevés par des obligations ayant désormais des rendements dérisoires. 

Même en ponctionnant sur les réserves financières précédemment constituées afin de lisser les rendements (i.e. les Provisions pour Participation aux Bénéfices, les PPB), il devient impossible de maintenir des rendements satisfaisants pour les fonds en euros, sauf à prendre des risques importants sur les diversifications d’actifs, ce qui va évidemment à l’encontre de l’engagement pris de garantir le capital du client. Pour les assureurs, le modèle économique du fonds en euros est alors remis en cause, c’est pourquoi son accès est désormais limité partout ! 

Quelles modifications ont été récemment apportées au fonctionnement du fonds 100% en euros de WeSave ? Depuis le 31 août 2020, à la suite d’une décision de notre assureur Suravenir, nous ne pouvons plus proposer l’ouverture de nouveaux contrats 100% en euros. Les contrats 100% en euros qui avaient été ouverts avant cette date fonctionnent comme auparavant, qu’il s’agisse des versements ou des rachats. En revanche, si un changement de profil est effectué vers l’un ou l’autre des 10 mandats de WeSave, il n’y a plus de possibilité de revenir ensuite au profil 100% en euros. Les clients envisageant de basculer du fonds 100% en euros vers le P1 de WeSave doivent donc avoir conscience que cette démarche est irréversible.

Au-delà de la protection du capital, le fonds 100% en euros préserve-t-il le pouvoir d’achat de l’épargnant sur la durée ? Ainsi que nous l’avons vu précédemment, il convient de bien tenir compte des frais appliqués pour évaluer le rendement net d’un fonds en euros. Mais l’épargnant ne doit pas s’arrêter là  ! Pour apprécier l’évolution du pouvoir d’achat de son capital sur la durée, il faut tenir compte de l’inflation se manifestant durant la période. Un épargnant qui aurait eu un capital initial de 100€ placés durant toute l’année 2019 sur le fonds en euros Suravenir Rendement, aurait obtenu 1.6% de rendement net des frais en fin d’année et aurait donc un capital de 101,6€. Mais l’inflation en France durant l’année 2019 a été de 1,1% selon l’INSEE. Le nouveau pouvoir d’achat de l’épargnant est alors de 100,5€ (100+1,6-1,1=100,5). L’épargnant a donc vu son capital progresser de 1,1%, mais son pouvoir d’achat de seulement 0,5%. Le P1 aurait rapporté dans le même temps 4,17% net des frais, soit 3,07% de gain en capital une fois corrigé des 1,1% de l’inflation. La sécurité a un prix, et c’est pourquoi il peut être nécessaire de considérer l’option alternative d’investir au travers d’un profil un peu plus risqué mais offrant une perspective de rendement plus importante sur la durée, tel que le P1 de WeSave.

Quelle est la performance potentielle des UC, autrement dit quel rendement-risque faut-il envisager ? Les UC détenues au sein de nos contrats d’assurance-vie peuvent être de nature très diverse : obligations, actions, matières premières… Le tableau ci-joint présente les variations annuelles observées depuis la crise des subprimes en 2008 de certaines d’entre elles. À l’évidence, ces actifs financiers ont des comportements instables, très variables, et parfois même divergents. C’est cette dernière caractéristique que l’équipe de gestion de WeSave cherche à exploiter au mieux : combiner entre eux ces actifs financiers de façon à capturer une partie de leur performance, tout en atténuant le risque spécifique que l’exposition exclusive à l’un ou l’autre ferait subir à l’épargnant. La diversification des actifs permet en effet de dégager sur la durée des rendements supérieurs à ce que le fonds en euros délivre. Tout est alors question de juste dosage et de gestion des opportunités et des risques.

Comment WeSave maîtrise-t-il le risque de son P1 ? Afin de contrôler les risques, l’équipe de gestion s’appuie tout d’abord sur le fonds en euros détenu, celui-ci délivrant une performance régulière sans aucune volatilité en contrepartie. Ensuite, la moitié des UC doit systématiquement avoir une note SRRI comprise entre 1 et 4 inclus, sachant que le SRRI est un indicateur synthétique de risque et de performance établi pour chaque ETF et allant de 1 à 7 par niveau croissant de risque. Au moins les 2/3 du portefeuille présentent donc un risque de volatilité faible ou nulle. La diversification des classes d’actifs, des zones géographiques, des devises à laquelle le portefeuille est exposé, mais aussi des émetteurs d’ETF assure ensuite une bonne dispersion permanente des risques pris sur les UC. Les convictions de l’équipe de gestion sont optimisées par un robot d’allocation d’actifs, autrement dit un logiciel développé spécifiquement par les équipes de WeSave à cet effet. Chaque profil fait enfin l’objet d’un suivi permanent avec un second logiciel dédié permettant de mesurer et de suivre l’évolution des divers risques dans le temps.

Comment se compare, en années pleines, le P1 de WeSave avec le fonds 100% en euros de Suravenir ? Frais déduits, le P1 de WeSave n’a connu à ce stade qu’une année de sous-performance vis-à-vis du fonds Suravenir Rendement. 2018 fut une année très particulière en bourse, puisque toutes les classes d’actifs baissèrent alors, rendant inefficace la diversification des actifs. Avec un recul annuel de -1,02% en 2018, le P1 de WeSave se classait pourtant, à niveau de risque équivalent, parmi les meilleures performances de la place ! Sur la durée, le P1 offre un rendement supérieur au fonds 100% en euros : la prise de risque afin de préserver son pouvoir d’achat sur la durée est donc bien récompensée. L’épargnant qui aurait eu la pire des malchances en investissant au plus haut et en ressortant au plus bas aurait subi en 2020 (donnée arrêtée à la fin septembre) une perte en capital de -4,84%. Le choc boursier provoqué par le coronavirus ayant été tout simplement historique, tant par l’ampleur que la vitesse, il est probable que cette donnée soit durablement le pire choc qu’un porteur du P1 puisse subir. Il convient de souligner toutefois que l’épargnant ayant conservé son investissement malgré cette baisse historique, gagne en capital sur l’année 2020, et il est probable que le fonds Suravenir Rendement délivre sur l’année un rendement net une fois encore inférieur au P1.

Les performances passées ne préjugeant pas des performances futures, le rendement du P1 restera aléatoire. En revanche, il est certain que le fonds 100% en euros ne pourra plus délivrer les rendements attrayants du passé. L’épargnant qui serait certain de ne pas avoir besoin de retirer rapidement ses capitaux et ayant une aversion au risque modérée peut donc envisager favorablement d’investir sur le P1 de manière à valoriser même modestement son capital. Plutôt que d’opposer ces deux contrats, il pourrait en fin de compte être pertinent d’exploiter leur complémentarité. Conserver le fonds 100% en euros déjà ouvert permet de bénéficier de l’antériorité fiscale du contrat et d’exploiter à loisir la protection en capital qu’il offre, quitte à limiter actuellement les capitaux lui étant alloués. Ouvrir en parallèle un P1 permet de viser une valorisation de son capital, voire permet d’investir sur un niveau de risque supérieur encore si cela devait s’avérer utile. 

Si malgré ces explications vous aviez encore des hésitations ou bien besoin de précisions additionnelles, les conseillers de WeSave se tiennent à votre disposition pour vous accompagner dans vos choix.

Fonds 100% en euros ou bien P1 ?

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

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