Date de publication : 6 janvier 2020

Alerte sur le fond euros…

Depuis des années, l’assurance-vie est le support d’investissement préféré des Français et le fonds en Euros, perçu comme une poche permettant de combiner rendement et garantie, occupe une place centrale dans le comportement des épargnants.

Toutefois, dans un contexte actuel de taux très faibles voire négatifs des obligations, qui constituent la principale classe d’actifs composant les fonds en euros classiques, les assureurs peinent à délivrer de la performance. Il est ainsi désormais extrêmement difficile d’obtenir une rémunération attractive – ou même positive – pour les épargnants, comme en atteste par exemple le taux négatif pour un emprunt d’État français à 10 ans qui avoisinait les  – 0,4 % en août 2019.

Les assureurs qui, l’un après l’autre, annonce des restrictions d’accès à leurs fonds euros, nous amènent à nous poser la question suivante. Faut-il inciter les épargnants à diversifier leurs portefeuilles en s’orientant vers des fonds en unités de comptes ? 

Une réponse possible à cette interrogation est en phase d’étude dans le cadre de la Loi Pacte dont le décret est entré en vigueur le 1er janvier 2020 : l’euro-croissance 2. Techniquement proche du fonds en euros classique, il s’agit d’un fonds diversifié (fonds en euros et unités de compte), qui allie des perspectives de rendement supérieures et à la garantie des sommes investies. En fait, le nouvel euro-croissance fonctionnera un peu comme une unité de compte structurée, dont on connaîtra la valeur de la part de part à tout moment. Cependant, le fonds euro-croissance se distingue du fonds en euros classique par une différence fondamentale : si l’assureur s’engage à garantir le capital, cet engagement n’est pas valable à tout moment, mais seulement au terme du contrat dont l’échéance est fixée à au moins 8 ans. De plus, il se caractérise également par des frais plus élevés que les autres supports traditionnels.

…le pari de Bercy peut-il sauver l’assurance-vie ? 

Initialement lancé en 2014, l’euro-croissance a connu un échec commercial retentissant (l’encours ne dépasse pas les 3 milliards d’euros sur un total de 1 785 milliards d’euros d’encours pour l’assurance-vie française). La principale raison ? Trop de complexité dans la compréhension du produit, dans sa vente et dans la gestion par les assureurs.

Bercy souhaite donner un nouveau souffle au fonds euro croissance en rendant plus fluide et plus simple la mécanique du dispositif avec un objectif à la hauteur du défi : multiplier par dix les encours.

Dans cet élan de modernisation, le terme de la garantie occupe une place cruciale : les assurés pourront choisir librement le terme de la garantie et ainsi adapter l’échéance de leurs produits à leurs horizons de placement.  Plus l’épargne reste bloquée longtemps, plus le rendement potentiel sera élevé :l’épargnant sera  récompensé par un taux bonifié qui permettra d’obtenir une garantie supérieure. Par exemple, s’il opte pour une échéance de 20 ans au lieu du minimum de 8 ans, le souscripteur pourra bénéficier de 10 % supplémentaires à la fin de son contrat et ainsi atteindre un taux de garantie de 110 % au lieu de 100 %.

De surcroît, l’accent est mis sur la transparence de l’information donnée à l’épargnant qui aura connaissance à tout moment des changements sur son fonds euro croissance ainsi que sur la rémunération servie par ce support.

Pour l’épargnant disposant de l’ancien contrat euro croissance, la loi autorise la transformation de celui-ci en nouveau contrat euro croissance. Cette mise à jour nécessite l’accord des deux parties soit par un avenant au contrat, soit par la souscription des deux provisions techniques, tout en conservant la garantie en capital à l’échéance. Cette transformation n’entraînant pas les conséquences fiscales d’un dénouement du contrat, elle permet de conserver son antériorité fiscale.

Un succès incertain qui divise.

Certains assureurs et distributeurs sont plutôt optimistes et font d’ores et déjà la promotion de l’euro croissance qu’ils présentent comme un mariage élégant et pertinent entre les unités de compte et le fonds en euros.

À l’inverse, d’autres semblent beaucoup moins convaincus . D’une part, car le passé atteste de la réticence des épargnants à opter pour un produit dont les rouages paraissent compliqués. C’est notamment la présence de deux poches d’investissement, l’une exprimée en euros (la provision mathématique) et l’autre en unités de compte (la provision de diversification), dont la valeur fluctue, qui complexifient la compréhension du fonctionnement de ce support et le rendent difficilement lisible. D’autre part, il ne permet pas au souscripteur de bénéficier pendant la vie du contrat de toute la richesse qui a été accumulée dans le fonds en euros. En effet, le principal frein à l’investissement est dû au manque de liquidité des fonds qui sont bloqués au moins huit ans si l’épargnant veut bénéficier de l’effet cliquet et être certain de récupérer au moins la mise de départ. 

Cette volonté de remodeler l’euro croissance pour réagir à l’annonce de la mort du fonds en Euros n’est que le fruit de la pression exercée par les assureurs, relevant en partie de la posture et du lobbying. Les assureurs voient en effet dans les rendements obligataires négatifs un excellent motif à faire valoir pour demander la suppression du fonds en Euros, qui leur permettrait d’orienter les épargnants vers des produits plus rémunérateurs et de se soustraire aux exigences croissantes en termes de fonds propres. Toutefois, la remontée de 50 points de base du taux d’emprunt d’État français sur 10 ans, qui s’élève début janvier 2020 + 0.11 %, relativise les plus pessimistes des prédictions sur l’avenir du fonds en euros.

Ainsi, on ne peut aujourd’hui affirmer que les fonds en euros sont morts, même s’ils ont perdu de toute évidence de leur attrait. Se tourner vers les unités de compte devient alors inévitable, et la gestion prudente de l’équipe de gestion de portefeuilles de WeSave apparaît comme un excellent moyen d’obtenir des couples rendement-risque de qualité. 

L’immobilier constituant un complément intéressant aux fonds en euros, d’autres alternatives peuvent être pertinentes, comme l’investissement en pierre-papier ou SCPI (Sociétés Civiles de Placements Immobiliers). 

L’équipe de conseillers WeSave reste à votre disposition pour vous accompagner dans vos différents projets d’épargne.

L’euro-croissance 2, à la rescousse de l’assurance-vie ?

Estevan Marques
Estevan Marques

Estevan Marques est conseiller junior au sein du pôle patrimonial chez WeSave. Il décide de rejoindre cette fintech aux idées novatrices en 2019, persuadé que l'avenir de la gestion de patrimoine se trouve dans le digital et les nouvelles technologies. En parallèle, cet élément dynamique du groupe termine son Master Finance au pôle Léonard de Vinci situé à la Défense avec une spécialisation en M2 "Ingénieur d'Affaires". Pour lui, transparence et écoute sont les maîtres-mots d'un conseil de qualité.

Category: ÉclaireurÉclaireur Janvier 2020