Date de publication : 4 février 2019

Macro-économie :

  • Le taux d’épargne est la part du revenu des ménages qui n’est pas dépensée et qu’ils consacrent alors à leur épargne.
  • Le taux d’épargne évolue généralement à l’inverse de la dynamique économique : les ménages puisent dans leurs “bas de laines” en cas de difficultés, et ils mettent de l’argent de côté lorsque la conjoncture est plus favorable.
  • Le taux d’épargne des ménages au Royaume-Uni s’établit en moyenne à 8.03% depuis 2000, mais il n’est que de 3.8% au dernier relevé trimestriel disponible.

Conséquences pour les portefeuilles :

En dépit du vote du Brexit, la croissance économique du Royaume-Uni ne s’est pas finalement pas effondrée comme l’anticipaient certains prévisionnistes. Ceci s’explique par le fait que les ménages ont très fortement puisé sur leur épargne : leur taux d’épargne a été divisé par deux suite au référendum. Ceci signifie que les réserves financières des ménages britanniques sont faibles aujourd’hui si la conjoncture venait à se dégrader brutalement, ce qui pourrait se produire en cas de “hard-Brexit”. Dans une telle hypothèse, la Banque d’Angleterre serait certainement contrainte d’assouplir fortement les conditions de crédit afin d’aider les banques à prêter aux agents économiques du pays, ce qui pèserait fortement sur la Livre Sterling mais améliorerait la compétitivité nationale.

 

Marchés financiers :

  • Lorsqu’une entreprise veut en racheter une autre en bourse, il faut proposer une prime par rapport aux derniers cours afin d’inciter les actionnaires à renoncer au potentiel d’appréciation résiduel de cette société.
  • Lorsque la bourse est “bon marché”, il est nécessaire de proposer des primes particulièrement élevées pour “désintéresser” les actionnaires, alors qu’à l’inverse les primes ont tendance à diminuer lorsque la bourse est considérée comme “chère”.
  • En moyenne depuis 2007, la prime proposée lors des offres publiques d’achat (OPA) est de 28.5%, mais elle n’a été que de 23.4% en 2018.

Conséquences pour les portefeuilles :

Les primes payées lors des OPA sont un indicateur parmi d’autres de la cherté des marchés financiers. Il ne faut toutefois pas s’arrêter à ce seul indicateur. Il est en effet intéressant d’analyser aussi la part des opérations amicales (99.4% en 2018) ou hostiles pour juger de l’agressivité des acquéreurs et donc de leur degré de motivation à acheter leur concurrent : cette statistique démontre la confiance accordée dans le potentiel futur des deux sociétés une fois réunies. De même, il est instructif de vérifier si le paiement est effectué intégralement en cash (62% en 2018 contre une moyenne de de 57.7% depuis 2000), par échange d’actions (11.6% en 2018) ou toute combinaison des deux : plus le financement en cash est important, plus l’engagement financier de la société acquéreur est fort, donc signe de confiance dans l’avenir !

 

 

Points macro et marchés – l’Éclaireur de février 2019

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

Category: ÉclaireurÉclaireur Février 2019
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