Date de publication : 10 octobre 2018

Macro-économie :

  • Jusqu’à la crise des subprimes, les montants de dettes de la France et de l’Allemagne étaient voisins, la France étant même un peu moins endettée que l’Allemagne (cf. coût de la réunification RFA-RDA).
  • Suite à la crise des subprimes, la dette des 2 pays a progressé d’environ ⅓, mais une divergence structurelle s’est manifestée depuis 2010.
  • L’orthodoxie budgétaire que s’est imposée l’Allemagne a permis de ramener sa dette aux niveaux d’avant crise, alors que celle de la France n’a cessé de progresser, avoisinant désormais les 100% du PIB.

Conséquences pour les portefeuilles :

L’ampleur des émissions obligataires de l’État allemand se réduit puisque la dette du pays diminue grâce aux excédents budgétaires et commerciaux dégagés. Les acheteurs d’obligations se portent en priorité vers cette signature puisque la solvabilité du pays s’améliore. Ceci a pour conséquence de faire s’effondrer le rendement du Bund, les agents économiques allemands bénéficiant de financements très peu chers pour leurs projets de consommation ou d’investissement. En revanche, les banques du pays ont beaucoup de mal à gagner de l’argent sur ces activités de prêts, contribuant à entretenir leurs difficultés financières. Des fusions entre banques allemandes sont dès lors envisageables.

 

Marchés financiers :

  • L’acronyme GAFAM regroupe 5 sociétés majeures de la technologie américaine : Google. Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.
  • La capitalisation boursière cumulée des GAFAM est aujourd’hui de 4 253 Mds $, Apple et Amazon ayant même atteint chacune le seuil symbolique des 1 000 Mds $ en 2018.
  • En seulement 6 ans, les GAFAM ont vu leur poids rapporté à la valorisation de l’ensemble des actions américaines cotées passer de 7.28% à 13.18% du total.

Conséquences pour les portefeuilles :

Alors même que les marchés américains affichent des records historiques cette année, la contribution d’une poignée de sociétés à la performance de l’ensemble devient prépondérante. Les sociétés de gestion peuvent difficilement éviter de conserver ces titres en portefeuilles, sous peine de risquer de s’écarter beaucoup de la performance des indices auxquelles leurs fonds se réfèrent. Les marchés américains dépendent donc de plus en plus des succès ou échecs boursiers d’un nombre limité d’entreprises. Cette situation rend les investisseurs nerveux, expliquant certains accès de volatilité ponctuels sur ces titres. Une diversification géographique et sectorielle permet toutefois de diluer si nécessaire ces risques spécifiques.

Points macro et marchés – L’Éclaireur d’octobre 2018

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

Category: ÉclaireurÉclaireur Octobre 2018
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