Date de publication : 3 novembre 2023

Marchés financiers

  • Lorsque l’on investit sur un indice boursier, il est important de bien connaître au préalable les expositions sectorielles et les zones géographiques auxquelles on s’expose.
  • Les multinationales du CAC40 réalisent la majorité de leurs ventes en Europe (53%), puis en Amérique (26%).
  • Ces données doivent de plus être observées sur la durée, les changements de zones ayant été très importants : de 72% en 2006, l’Europe ne représente plus que 53% aujourd’hui.

Conséquences pour les portefeuilles :

Le tassement économique français, et plus généralement celui de l’Europe, sont généralement avancés par certains épargnants pour justifier de ne pas s’exposer au CAC40. En réalité, cet indice boursier est de moins en moins sensible à la conjoncture européenne : 28% du chiffre d’affaires du CAC40 était réalisé en dehors de l’Europe en 2006, ce chiffre atteint désormais 47%. Cette modification de la sensibilité économique de l’indice s’explique par l’internationalisation croissante des multinationales, mais aussi par les changements d’entreprises incluses ou sortantes au sein du CAC40. Il convient désormais d’analyser bien plus les dynamiques d’activité du reste du monde plutôt que celle de l’Europe, et cela implique aussi que les impacts des devises peuvent être très importants pour les résultats de ces sociétés.

Macro-économie : 

  • Le dette fédérale américaine est détenue approximativement à 70% par des investisseurs résidents, contre 30% d’étrangers.
  • Les déficits commerciaux américains expliquent largement pourquoi certains pays ou certaines zones économiques en sont les principaux créanciers.
  • L’Union Européenne détient autour de 4,6% de cette dette, le Japon 3,2%, et la Chine est pour sa part retombée à 2,5%, conséquence des tensions géopolitiques entre les 2 plus grandes puissances.

Conséquences pour les portefeuilles :

La dette fédérale américaine est désormais de 33 600 Mds $, soit plus qu’un doublement depuis 2010. Parce que le Trésor américain doit émettre de plus en plus d’obligations pour financer ses déficits budgétaires, et que la Banque centrale américaine (FED) réduit graduellement sa détention d’obligations de l’État (cf. « quantitative tightening »), la question du financement de ces obligations pourrait devenir problématique. Le sujet est d’autant plus sensible que la notation de la dette américaine a été dégradée durant l’été par l’agence Fitch. Il est donc essentiel que le pays parvienne à fidéliser ses créanciers étrangers, mais le contexte géopolitique peut en faire douter (cf. Chine, Arabie Saoudite…). Ce potentiel stress financier pourrait contraindre la FED à redevenir accommodante plus vite qu’envisagé à ce stade.

Points macro et marchés – l’Éclaireur novembre 2023

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

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