Date de publication : 5 mai 2017

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Depuis le 1er tour
À l’exception des obligations de l’Etat allemand (Bund), les obligations souveraines de la zone Euro ont vu leurs rendements diminuer (le prix des obligations monter) suite au résultat du 1er tour. Auparavant, le Bund allemand servait de refuge dans l‘hypothèse où 2 candidats opposés à l’Union Européenne pourraient être désignés. Rassurés, les investisseurs ont allégé leurs positions sur le Bund allemand pour se positionner de nouveau sur les autres obligations de la zone Euro. Pour ce qui est des obligations d’entreprises, elles ont elles aussi profité de cette dynamique favorable pour s’apprécier durant l’entre-deux tours.
Après le résultat des élections françaises
E. Macron
L’élection d’E. Macron soulagerait les investisseurs obligataires car la pérennité de la zone Euro et de l’Union Européenne serait préservée. Les investisseurs internationaux auraient donc peu de réticences à prêter aux pays ou agents économiques de la zone. Les pays fragiles de la zone (i.e. Italie, Portugal,…) seraient les principaux bénéficiaires de cet appétit des investisseurs internationaux. La Banque Centrale Européenne (BCE) serait rassurée quant à la croissance économique de la zone et pourrait plus facilement retirer ses soutiens monétaires.
M. Le Pen
Pour les investisseurs, l’élection de M. Le Pen serait perçue comme les prémices du Frexit et donc d’une période de très grande incertitude sur l’avenir de la zone Euro. Ainsi, ils demanderaient immédiatement à la France et aux autres pays européens un rendement plus élevé pour emprunter sur les marchés. Par effet de contagion, cette situation affecterait aussi le coût d’emprunt pour les entreprises et les ménages de la zone. La Banque Centrale Européenne (BCE) serait contrainte d’adopter des mesures d’urgence pour essayer de freiner cette spirale négative.

picto-actions-oDébrief sur les actions

Depuis le 1er tour
Les actions européennes ont été la classe d’actifs bénéficiant le plus du 1er tour de l’élection présidentielle. Ainsi, les grands indices européens ont gagné autour de +4% (+3.37% pour le DAX allemand, +4.14% pour le CAC40 français, +4.77% pour le MIB italien). Les investisseurs internationaux considèrent en effet qu’une incertitude importante est levée et que la pérennité de la Zone Euro est désormais la plus probable. Les investisseurs qui espéraient ce résultat ont pu commencer leurs achats programmés, ce qui explique la hausse des marchés et l’absence de baisse significative depuis le 1er tour des élections.
Après le résultat des élections françaises
E. Macron
L’élection d’E.Macron laisserait espérer une dynamique réformatrice en France. Les dirigeants allemands sont particulièrement favorables à une collaboration avec E.Macron, le couple franco-allemand serait encore plus au centre de l’Union Européenne alors que celle-ci doit gérer le Brexit. Les entreprises sont au coeur des réformes envisagées, ce qui devrait donc plutôt favoriser les actions. Toutefois, le programme envisagé suppose d’obtenir une majorité parlementaire lors des législatives, ce qui pourrait s’avérer difficile pour un parti politique aussi récent et sans implantations locales importantes.
M. Le Pen
L’élection de M.Le Pen devrait provoquer un fort décrochage des marchés d’actions. Même si l’Euro devait fortement baisser, rendant plus compétitives les entreprises de la zone, les investisseurs internationaux seraient réticents à investir dans une zone dont la pérennité de la devise serait incertaine. Les entreprises et secteurs ayant l’activité intra-zone la plus intense seraient les plus affectés par cet évènement alors que les multinationales très implantées à l’étranger pourraient atténuer un peu ces effets négatifs.

En résumé nos convictions de court terme sur l’impact de l’élection sur les différentes classes d’actifs


L’écart dans les sondages entre les 2 candidats reste important (39% pour M. Le Pen contre 61% pour E. Macron selon l’IFOP au 4 mai), et cet écart ne couvre pas les erreurs statistiques habituelles pour tout sondage (2-3%), c’est pourquoi les marchés ne devraient pas beaucoup être impactés. L’attente des marchés sera définitivement levée une fois que les résultats des élections législatives seront connus.

Actions, obligations, quel candidat inspire les marchés ?

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

Category: Économie et marchés