Date de publication : 1 mars 2017

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Macroéconomie

  • Après plusieurs années successives où le rythme d’inflation s’était tassé en zone Euro, celle-ci retrouve finalement une tendance haussière.
  • Ce phénomène s’explique en partie par l’effet du rebond depuis un an des prix des matières premières, mais aussi par la bonne tenue du Dollar qui reste la principale devise de facturation des importations de la zone.
  • L’amélioration de l’emploi en Europe, et donc des hausses de salaires associées, mais aussi la généralisation des salaires minimums (cf. Allemagne) entretient une dynamique de remontée graduelle de l’inflation interne à la zone.
  • Parce que la Banque Centrale Européenne (BCE) a pour principale mission de contrôler l’inflation, elle pourrait donc être amenée à réduire désormais ses soutiens monétaires exceptionnels.
Conséquence pour les portefeuilles
Tant que la BCE restait accommodante, la dynamique très favorable qui prévalait sur les obligations souveraines s’imposait. Désormais, la remontée d’inflation devrait peser sur le potentiel des obligations et inciter les investisseurs à se porter plutôt sur les actifs risqués. L’inflation peut par ailleurs profiter aux entreprises si elles savent gérer leur structure de coûts et faire passer des hausses de prix à leurs clients. Dans ce cas particulier, alléger les obligations pour les actions est d’autant plus attrayant.

Prix à la consommation constatés et anticipés (2017 -> 2019) en Zone Euro
Sources : Bloomberg, WeSave


Marchés financiers

  • Les « Credit Default Swaps » (CDS) sont des instruments financiers achetés en vue de se protéger contre les risques d’impayés … c’est donc une police d’assurance.
  • Lorsqu’un CDS monte, c’est que le risque de défaillance financière de celui qui a contracté une dette augmente.
  • Le niveau actuel du CDS à 5 ans de la France équivaut à une probabilité proche de 5% que le pays fasse défaut sur sa dette d’ici la fin du prochain quinquennat.
  • Certains investisseurs, porteurs d’obligations souveraines françaises, veulent donc probablement se couvrir contre le risque de baisse de valeur de leur portefeuille d’obligations.
  • Jusqu’à présent, le comportement des CDS des autres pays européens ne signale pour autant pas une crainte d’éclatement future de la zone Euro
Conséquence pour les portefeuilles
Les fondamentaux macro-économiques français bénéficient actuellement d’une dynamique favorable. L’aléa politique est en revanche important car, quel que soit le candidat finalement élu, il sera difficile de trouver un appui parlementaire fort du fait de l’actuelle dispersion des sensibilités politiques en France. Les réformes structurelles que le pays devrait engager seront difficiles à mettre en œuvre. Les investisseurs internationaux pourraient donc durablement infliger une prime de risque aux actifs financiers français.

CDS de la France à 5 ans
Sources : Bloomberg, WeSave

Macro-économie et Marchés financiers, février 2017

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

Category: ÉclaireurÉclaireur Mars 2017Économie et marchés