Date de publication : 1 décembre 2016

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Macroéconomie

  • Le taux d’utilisation des capacités est un indicateur traduisant le rapport entre les outils de production réellement activés par les entreprises et les capacités potentiellement disponibles.
  • Ce ratio permet de renseigner quant aux éventuels stress pesant sur les outils de production, c’est donc un indicateur avancé des éventuels besoins d’investissements des entreprises.
  • Aux Etats-Unis, l’investissement est l’un des facteurs dont la dynamique déçoit depuis plusieurs années, et le taux d’utilisation intrigue par sa faiblesse persistante alors même que le cycle économique a repris depuis 2009.
  • Si D.Trump veut inciter les entreprises américaines à rapatrier leurs capitaux aux Etats-Unis et stimuler la production nationale par du protectionnisme, le bas niveau actuel du taux d’utilisation des capacités laisse entendre que cette politique ne pourra pas être un succès rapidement.
Conséquence pour les portefeuilles
Alors même que les taux d’intérêts étaient historiquement bas, les entreprises américaines ont préféré consacrer l’essentiel de leur trésorerie disponible au versement de dividendes ou bien à des rachats d’actions plutôt que de soutenir l’investissement réel. Aujourd’hui, ce dont l’économie américaine a besoin, c’est avant tout d’une stimulation de la demande pour les biens et services, ce qui permettrait d’améliorer le taux d’utilisation et de redresser finalement l’investissement.

Taux d’utilisation des capacités aux Etats-Unis
Sources : Bloomberg, WeSave


Marchés financiers

  • Les taux d’intérêts souverains italiens à 10 ans ont doublé depuis la mi-août : 1.04% le 12 août contre 2.1% actuellement.
  • Parce que l’Italie est parmi les pays européens les plus endettés avec un ratio de dette/PIB de 133%, le brutal renchérissement du coût de cette dette inquiète, d’autant que plusieurs établissements bancaires italiens ont un besoin pressant de recapitalisations importantes.
  • Le référendum qui aura lieu le 4 décembre en Italie sur la réforme institutionnelle cristallise donc les craintes des investisseurs car il pourrait amener Matteo Renzi à démissionner, ce qui serait très déstabilisant pour le pays et pour l’Europe déjà affaiblie par le Brexit.
Conséquence pour les portefeuilles
Les investisseurs ont pris leurs précautions avant le référendum italien en allégeant les obligations détenues sur ce pays, mais aussi celles des pays dits «périphériques». Si la remontée des taux italiens a été très brutale, elle reste toutefois modérée au regard des niveaux des dernières années. En dernier recours, la BCE cherchant à assurer la stabilité du système financier européen, cette dernière interviendrait certainement en cas de volatilité excessive sur les actifs européens.

Rendement des taux souverains à 10 ans italiens
Sources : Bloomberg, WeSave

Macro-économie et Marchés financiers, novembre 2016

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

Category: Économie et marchés