Date de publication : 7 novembre 2017

vue des actifs bg

Macro-économie

L’inflation dans les grands pays ou zones

  • Une des caractéristiques de la reprise économique des dernières années est que peu d’inflation a accompagné ce regain d’activité.
  • Les banques centrales ont même été contraintes d’engager des soutiens monétaires massifs (i.e. « quantitative easing ») afin d’éviter une éventuelle spirale déflationniste.
  • Bien qu’elle pénalise le pouvoir d’achat, l’inflation a en fait des aspects favorables : elle incite à accélérer les dépenses, ce qui soutient la croissance et en fin de compte les salaires.
  • La hausse des prix des matières premières depuis début 2016 a provoqué un regain d’inflation, mais c’est surtout le redémarrage des salaires qui conforterait le rebond actuel de l’inflation.
  • Aux États-Unis, les entreprises ont désormais du mal à recruter des salariés qualifiés, ce qui devrait entraîner une accélération de l’inflation par les salaires.
Conséquence pour les portefeuilles
La reprise économique paraissant plus pérenne et quelques signes d’inflation se manifestant, les banques centrales commencent à retirer graduellement leurs soutiens monétaires extraordinaires. Les obligations pourraient souffrir à la fois de la moindre intervention des banques centrales, mais aussi d’une inflation qui pénaliserait des rendements obligataires encore très bas. Les entreprises pourraient en revanche profiter de ce regain d’inflation pour faire passer des hausses de prix et améliorer ainsi leurs bénéfices, ce qui soutiendrait les marchés d’actions.

 Rythme annuel d’inflation dans les grands pays ou zones (en %)
Sources : Bloomberg, WeSave


Marchés financiers

Le découplage entre les actions espagnoles et celles de la zone euro

  • Depuis la fin août, les actions espagnoles sous-performent très significativement les actions de la zone euro, le différentiel étant de 5,21 % en seulement 2 mois.
  • La volonté d’indépendance de la Catalogne perturbe fortement la cohérence politique nationale et risque de disperser le gouvernement de ses missions traditionnelles, notamment quant à ses efforts de redressement de l’économie espagnole.
  • La tentation indépendantiste espagnole a fait des émules puisqu’en Italie la Lombardie et la Vénétie ont également effectué un référendum consultatif afin d’obtenir plus d’autonomie et ce, alors même que l’issue des élections nationales au printemps 2018 est très incertaine.
Conséquence pour les portefeuilles
Les aléas politiques incitent les investisseurs internationaux à appliquer une décote spécifique aux actions du pays, comme le montre le cas espagnol. Si l’instabilité politique devait revenir structurellement au sein de l’Union Européenne, l’euro pourrait corriger après avoir fortement progressé en 2017. Un repli de l’euro soulagerait les sociétés exportatrices de la zone mais renchérirait en revanche le coût des importations. Les incertitudes politiques peuvent également pénaliser les obligations souveraines des pays troublés, d’où l’écartement récent entre le rendement des obligations souveraines à 10 ans de l’Espagne et celles de l’Allemagne.

Découplage entre les grandes actions de la zone euro et l’indice espagnol (Base 100 = 01/05/17)
Sources : Bloomberg, WeSave

Macro-économie et marchés financiers, octobre 2017

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

Category: ÉclaireurÉclaireur Novembre 2017Économie et marchés