Date de publication : 1 décembre 2016

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Actions

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Performance des indices actions internationaux depuis l’élection de D.Trump (en devise locale)

PerformanceSources : Bloomberg, WeSave

Bien qu’il soit difficile d’anticiper avec précision aujourd’hui la part du programme économique qui sera réellement mise en œuvre par l’administration Trump, cette dernière bénéficiera du soutien du Congrès américain. C’est pourquoi les baisses d’impôts sur les ménages et sur les entreprises, ainsi que les importantes dépenses dans les infrastructures pourraient bel et bien être engagées. Ceci devrait soutenir les dépenses des ménages et les bénéfices des entreprises, notamment sur le territoire américain.
De plus les programmes de rachats d’actions pourraient s’intensifier si les entreprises américaines rapatriaient leurs capitaux actuellement logés à l’étranger. De ce fait, les marchés d’actions ont retrouvé une dynamique haussière depuis cette élection surprise. Toutefois les velléités d’isolationnisme américain pourraient pénaliser le commerce international et plus particulièrement les pays émergents, d’où le décrochage en relatif de cette thématique.


Obligations souveraines

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Rendement des taux d’intérêts souverains à 10 ans

Rendement-intérêtsSources : Bloomberg, WeSave

Les Etats-Unis devraient bénéficier de soutiens budgétaires et fiscaux importants durant les prochaines années. Ceci devrait doper la croissance et l’inflation du pays, et la FED devrait être contrainte d’accélérer et d’intensifier son durcissement monétaire, d’où le brutal décrochage des obligations. Les émetteurs internationaux étant en concurrence entre eux, les anticipations de hausse des taux américains se sont propagées aux autres obligations souveraines internationales.
Toutefois de nombreux pays ou zones ne pourront bénéficier d’une forte accélération de leur croissance ou d’une reprise significative d’inflation. De plus, la rupture budgétaire à venir aux Etats-Unis ne peut pas être généralisée. Passée la phase initiale de restructurations des portefeuilles, les obligations souveraines bénéficiant de programmes d’achats systématiques (cf. « quantitative easing » de la BCE) devraient retrouver un certain attrait pour les investisseurs en quête de rendement.


Obligations d’entreprises

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Performance des obligations d’entreprises en 2016

ObligationsSources : Bloomberg, WeSave

La nouvelle administration américaine devrait privilégier les entreprises nationales au travers d’une consommation soutenue par la moindre fiscalité sur les ménages, par des dépenses de l’Etat américain relancées dans les infrastructures, et par une moindre imposition des bénéfices. Ceci devrait atténuer la probabilité de défauts de paiement aux Etats-Unis et pourrait stimuler les émissions obligataires effectuées par ces entreprises.
En revanche la tentation protectionniste américaine pourrait pénaliser certains groupes étrangers fortement exposés aux USA. De plus, de nombreuses entreprises internationales avaient contracté des dettes libellées en Dollar et la forte réappréciation du billet vert détériore leur solvabilité. Il convient donc d’être sélectif quant aux dettes d’entreprises retenues en portefeuilles, notamment pour les entreprises situées dans les zones émergentes.


Devises

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Dollar face au panier des principales devises

DollarSources : Bloomberg, WeSave

L’élection présidentielle américaine a conduit les investisseurs à se repositionner brutalement sur le Dollar au détriment des principales devises. En effet, son programme économique devrait à la fois accélérer la croissance et l’inflation américaine. Les atermoiements de la FED n’ayant alors plus de raison d’être, les investisseurs anticipent un durcissement plus fort et accéléré de la politique monétaire américaine.
En parallèle, une éventuelle montée du protectionnisme américain, pourrait impliquer de possibles rétorsions et des replis sur soi. C’est pourquoi il est impossible aujourd’hui d’identifier par avance les gagnants ou perdants de cette politique. La volatilité des devises internationales devrait rester forte, voire s’intensifier. Ceci aura pour conséquence d’entretenir la volatilité sur les autres classes d’actifs, d’autant que de nombreuses échéances politiques internationales majeures approchent (cf. référendum italien, Brexit, élections en France puis en Allemagne,…).


Matières premières

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Performance des principaux métaux industriels en 2016

Performance-métauxSources : Bloomberg, WeSave

La hausse du Dollar étant généralement un handicap pour les matières premières, certaines d’entre elles (l’or notamment) sont pénalisées par l’actuel renforcement du billet vert. En revanche la perspective de voir le secteur des infrastructures américain faire l’objet de soutiens spécifiques a dopé les prix de plusieurs métaux industriels. Pour ce qui est du pétrole, son prix est très versatile, mais l’OPEP a finalement trouvé un accord d’autolimitation de sa production qu’il conviendra désormais de mettre réellement en œuvre.
Si la nouvelle administration américaine devait assouplir les contraintes environnementales pesant sur les producteurs américains, ceci abaisserait leurs coûts de production et les encouragerait à produire plus, ce qui pourrait peser en fin de compte structurellement sur les prix du pétrole et, par effet domino, sur les prix de nombreuses matières premières. La volatilité devrait alors rester forte sur cette classe d’actifs, d’où notre prudence tactique persistante.


Émergents

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Performance des actions (Base 100 : 01/08/16)

Performances-actionsSources : Bloomberg, WeSave

Alors que la thématique des émergents fédérait de nombreux investisseurs, ces derniers ont brutalement retiré leurs capitaux de ces zones en novembre. En effet, l’élection de D.Trump soulève de nombreuses interrogations quant à l’éventuel isolationnisme américain et le risque de voir cette stratégie se généraliser, ce qui aurait pour conséquence d’asphyxier les échanges internationaux. Parce que les pays émergents sont particulièrement dépendants de leurs recettes à l’exportation, une telle perspective ne peut qu’inciter les investisseurs à la prudence.
De plus, le regain de volatilité des devises émergentes perturbe la visibilité quant aux investissements engagés dans ces pays. Enfin, l’endettement en Dollar de nombreuses entreprises des pays émergents inquiète leurs créanciers car la violente appréciation du Dollar renchérit le coût de remboursement de ces dettes. Nous maintenons notre sous-pondération sur cette classe d’actifs.

Vues des actifs, novembre 2016

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

Category: Économie et marchés