Date de publication : 1 octobre 2017

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Actions

Performances comparées du CAC40 et du DAX (Base 100 = 30/12/16)

Sources : Bloomberg, WeSave

En septembre, les marchés d’actions ont retrouvé leur tendance haussière, et cela en dépit des tensions géopolitiques répétées entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. L’élection en Allemagne a permis de reconduire A. Merkel, mais il lui sera difficile de constituer une majorité parlementaire. Ceci pourrait compliquer ou ajourner l’impulsion espérée pour l’Union Européenne. La FED réduira désormais son Bilan et pourrait relever encore ses taux directeurs en décembre. La BCE semble en revanche temporiser pour mettre fin à son « quantitative easing ». Le récent rebond du Dollar devrait soulager un peu la compétitivité des entreprises européennes. Les publications trimestrielles américaines devraient encore bénéficier du repli annuel du Dollar et d’espoirs d’allègements fiscaux aux Etats-Unis. Nous maintenons notre surpondération sur les actions.


Obligations souveraines

Rendement des obligations souveraines à
10 ans en Allemagne (en %)

Sources : Bloomberg, WeSave

L’accord entre Trump et les Démocrates sur le Budget américain a permis d’ajourner au 15 décembre 2017 ce débat, soulageant les marchés obligataires. Mais la FED a décidé de réduire son Bilan à partir du mois d’octobre en ne renouvelant plus l’intégralité des obligations détenues et arrivant à échéance, et une hausse de ses taux directeurs reste possible en décembre. La BCE est toujours divisée quant à l’opportunité d’arrêter son « quantitative easing », notamment du fait de l’appréciation de l’Euro. En dépit des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord, les rendements des obligations se sont tendus durant le mois. La faiblesse persistante de l’inflation limite en fin de compte l’ampleur de la réaction des banques centrales. La faiblesse des rendements des obligations d’État nous incite à demeurer sous-pondérés sur cette classe d’actifs.


Obligations d’entreprises

Différence de rendement entre les obligations d’entreprises et les obligations d’ État américaines

Sources : Bloomberg, WeSave

Les entreprises bénéficient actuellement d’un contexte économique et financier favorable. Le raffermissement et la meilleure synchronisation de la croissance mondiale facilitent l’atteinte par les entreprises de leurs objectifs de chiffres d’affaires et de bénéfices. Par ailleurs, les politiques monétaires accommodantes des banques centrales ont écrasé les taux d’intérêt, permettant à beaucoup de groupes de constituer des matelas de trésorerie et de réaliser des économies de frais financiers, d’où des Bilans sains. La principale incertitude provient des fluctuations de devises, notamment de l’appréciation relative de l’Euro qui atténue la solvabilité des entreprises de la zone Euro. Si une remontée des taux souverains peut pénaliser par contagion les entreprises, les fondamentaux économiques justifient de privilégier plutôt ces dernières dans les allocations obligataires.


Devises

Historique de l’Euro-Dollar

Sources : Bloomberg, WeSave

Le fait marquant en septembre est que l’Euro-Dollar a stoppé sa progression. Après un gain de 15% face au Dollar en 2017, l’Euro fléchit finalement un peu. La décision de la FED de réduire désormais son Bilan, tout en laissant la porte ouverte à une nouvelle hausse de ses taux directeurs en décembre, justifie une appréciation du Dollar. De plus, les atermoiements de la BCE quant aux modalités et surtout au timing d’arrêt de son « quantitative easing » atténuent l’attrait de l’Euro. Ces facteurs monétaires ont été accentués par des arguments politiques : Trump est enfin parvenu à un succès via un accord surprise sur le Budget avec les Démocrates, pendant que la zone Euro pourrait pâtir de l’incertitude entourant la constitution d’un nouveau gouvernement en Allemagne. Parce que ces facteurs pourraient durer, une poursuite du rebond du Dollar est vraisemblable.


Matières premières

Performances comparées du pétrole brut et de l’essence en % (base 100 = 30/12/16)

Sources : Bloomberg, WeSave

La succession d’ouragans qui ont notamment frappé la Floride et le Texas a perturbé la production de pétrole brut, mais a surtout immobilisé temporairement ¼ de la capacité de raffinage américain. De plus, les pays de l’OPEP persistant dans leurs efforts de restriction de production pétrolière et la demande mondiale restant bien orientée, les prix du pétrole brut et raffiné ont tous deux fortement progressé en septembre. En revanche, les prix des métaux industriels qui avaient fortement monté reculent désormais, quelques doutes affleurant quant à la tonicité de la croissance chinoise. L’or évoluant souvent à l’inverse du Dollar, la progression du billet vert en septembre a incité les investisseurs à prendre des bénéfices sur l’or, et ce malgré les tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Corée du Nord. Nous maintenons notre neutre sur les matières premières.


Émergents

Rendement en % des obligations des pays émergents émises en $ (souverain et entreprises)

Sources : Bloomberg, WeSave

La performance des différents actifs sur les marchés émergents est très forte depuis le début d’année, le repli du Dollar étant un facteur explicatif important de cette progression. Mais en septembre le Dollar a commencé à se redresser, du fait d’un discours plus offensif de la FED et parce que Trump est parvenu à un succès politique sur le budget et la dette de l’Etat. Actions et obligations des pays émergents ont dès lors sous-performé leurs homologues occidentales durant le mois. Par ailleurs, la Chine a probablement soutenu artificiellement sa croissance début 2017, ceci afin de bénéficier d’une image avantageuse avant et pendant le 19e Congrès du Parti Communiste, ce qui devrait peser par effet de base sur la croissance du pays durant les prochains trimestres. Une sous-pondération tactique des émergents semble préférable.

Vues des actifs, septembre 2017

Vincent Lequertier
Vincent Lequertier

Vincent Lequertier a 25 ans d’expérience en gestion d’actifs. Après une carrière à la banque d’Orsay, il est successivement directeur adjoint actions puis directeur actions. Spécialiste de la gestion allocataire, il devient en Août 2015, le responsable de la gestion allocataire chez WeSave.fr.

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