L’année 2026 débute dans un environnement macroéconomique et géopolitique en profonde évolution, offrant de nouveaux équilibres et des dynamiques structurantes pour les marchés financiers. L’analyse des perspectives repose sur l’observation de facteurs clés, à la fois par leur probabilité d’occurrence et par la magnitude de leur impact. Dans ce contexte, trois grands thèmes méritent une attention particulière
- Evolution du secteur tech (narratif, fragilité d’acteurs emblématiques susceptible de contaminer l’ensemble du secteur, rentabilité différée)
- Monétaire (indépendance de la FED avec sa nouvelle présidence en mai 2026, inflation)
- « Désordre contrôlé » sur le plan géopolitique (hausse du protectionnisme, enjeu taïwanais, Ukraine, énergie)
Pour approfondir ces enjeux, nous invitons le lecteur à consulter les perspectives 2026 d’Amundi – ainsi que les deux derniers articles de Vincent Lequertier sur Taïwan et les terres rares
Dans ce contexte, comment adapter sa stratégie d’investissement, notamment lorsqu’une somme significative doit être investie en cours d’année ?
Deux visions complémentaires : lump sum ou DCA ?
L’investissement en une seule fois (lump sum) consiste à placer immédiatement l’intégralité du capital disponible sur les marchés financiers. L’investissement progressif (DCA pour Dollar Cost Averaging) consiste à investir un capital de manière échelonnée sur une période déterminée, par exemple via des versements mensuels.
Pour de plus amples informations, je vous invite à lire notre article d’avril 2025 sur le sujet.
Rester investi : un principe clé de la performance long terme !
On découvre dans cet article que dans les 2/3 des cas, le lump sum surperforme le DCA. Toutefois, raisonner uniquement en termes de probabilités peut s’avérer risqué, en particulier après plusieurs années de marchés haussiers.
D’ailleurs, l’étude de Vanguard met davantage en évidence un autre point essentiel : le coût d’opportunité lié à une détention prolongée de liquidités est souvent plus pénalisant que le choix entre lump sum et DCA. Si l’investissement progressif peut répondre aux besoins d’investisseurs plus averses au risque, sa durée devrait rester limitée afin de réduire ce coût.
L’élément déterminant reste donc l’existence d’un plan d’investissement clair et cohérent. Sur le long terme, les investisseurs obtiennent de meilleurs résultats en restant pleinement investis conformément à leur allocation d’actifs cible. Le consensus académique s’accorde justement sur le fait que plus de 75 % de la performance d’un portefeuille provient de l’allocation d’actifs (pourcentage en actions, obligations, immobilier, or, actifs non cotés) bien davantage que du choix des supports individuels ou de la méthode d’investissement (DCA vs lump sum).
Conclusion :
Sur la base des données historiques, le lump sum présente une probabilité plus élevée de surperformance dans les environnements de marché observés au cours des dernières décennies. Le DCA, quant à lui, joue avant tout un rôle psychologique et comportemental, en aidant l’investisseur à rester discipliné et à limiter les décisions émotionnelles lors de phases de forte volatilité.
Cette approche est toutefois plus adaptée à un investissement sur le marché dans son ensemble (via des ETF par exemple) que sur une action individuelle. Dans ce dernier cas, le risque que le titre ne se redresse jamais est réel et le DCA peut revenir à « moyenner à la baisse » une mauvaise décision initiale – illustré par le célèbre adage de Paul Tudor Jones : « Losers average losers ».
En définitive, lump sum et DCA ne sont pas des stratégies antagonistes, mais des modalités d’exécution d’une même allocation d’actifs. Le choix entre les deux dépend donc moins des perspectives de marché que de l’horizon d’investissement, de la tolérance au risque, du comportement de l’investisseur face à la volatilité et du capital à investir rapporté au portefeuille global.
Notre équipe de conseillers en gestion de patrimoine reste à votre disposition pour échanger si vous avez des questions par chat depuis notre site internet ou par téléphone au 01 80 49 70 00.