Face au vieillissement de la population et aux évolutions démographiques, la question du financement des retraites occupe une place croissante dans la réflexion des épargnants.
Historiquement en France, notre système de retraite repose sur la répartition, c’est-à-dire que les cotisations versées par les actifs servent à financer les pensions des retraités. En parallèle, il est possible de se constituer une épargne personnelle au travers de différents moyens (livrets, assurance-vie, PER…) afin de disposer, à terme, d’un complément de revenus.
Chez plusieurs de nos voisins européens, la capitalisation joue un rôle bien plus important.
Comparer ces deux modèles permet de mieux comprendre leurs enjeux et surtout, de voir comment les associer pour sécuriser ses revenus futurs.
La différence entre le système de répartition et le système de capitalisation :
La répartition fonctionne sur la solidarité entre générations : les cotisations d’aujourd’hui servent à financer les pensions des retraités actuels. Son équilibre dépend donc du rapport entre le nombre d’actifs qui quotient et le nombre de retraités qui perçoivent une pension.
La capitalisation suit une logique individuelle. Elle peut commencer avant la vie professionnelle et se poursuit tout au long de sa vie professionnelle. Dans ce cas de figure, on investit son épargne pour se constituer progressivement un capital, destiné à financer ses besoins futurs. Elle repose sur une démarche d’anticipation, qui consiste à organiser soi-même son patrimoine financier.
Son principal atout tient au temps : plus l’horizon est long, plus il est possible d’investir progressivement son épargne, de la faire fructifier et de rechercher un certain capital.
Toutefois, une limite doit être soulignée : elle peut subir les fluctuations de marchés.
C’est pourquoi il est important d’avoir une allocation adaptée à son profil de risque et à son horizon de départ à la retraite.
La combinaison entre la répartition et la capitalisation :
Pension de vieillesse moyenne par bénéficiaire, par pays en 2023 (en €)
Sources: Eurostat, WeSave
| Rang | Pays | Par an | Par mois |
| 1 | Luxembourg | 22 817 | ≈ 1 901 |
| 2 | Autriche | 22 148 | ≈ 1 846 |
| 3 | Espagne | 21 786 | ≈ 1 816 |
| 4 | Italie | 21 424 | ≈ 1 785 |
| 5 | Danemark | 21 169 | ≈ 1 764 |
| 6 | Pays-Bas | 20 988 | ≈ 1 749 |
| 7 | Belgique | 20 265 | ≈ 1 689 |
| 8 | Suède | 18 320 | ≈ 1 527 |
| 9 | France | 18 113 | ≈ 1 509 |
| 10 | Finlande | 17 814 | ≈ 1 485 |
| — | Moyenne UE | 17 327 | ≈ 1 444 |
| 11 | Allemagne | 17 554 | ≈ 1 463 |
| 12 | Irlande | 17 049 | ≈ 1 421 |
| 13 | Grèce | 15 508 | ≈ 1 292 |
| 14 | Portugal | 13 628 | ≈ 1 136 |
| 15 | Chypre | 13 415 | ≈ 1 118 |
| 16 | Pologne | 12 841 | ≈ 1 070 |
| 17 | Malte | 12 022 | ≈ 1 002 |
| 18 | Tchéquie | 12 016 | ≈ 1 001 |
| 19 | Roumanie | 10 581 | ≈ 882 |
| 20 | Slovénie | 10 503 | ≈ 875 |
| 21 | Hongrie | 8 978 | ≈ 748 |
| 22 | Estonie | 8 641 | ≈ 720 |
| 23 | Lettonie | 8 392 | ≈ 699 |
| 24 | Bulgarie | 7 984 | ≈ 665 |
| 25 | Croatie | 7 748 | ≈ 646 |
| 26 | Lituanie | 7 676 | ≈ 640 |
| 27 | Slovaquie | 7 079 | ≈ 590 |
Certains voisins européens montrent qu’il est possible d’associer plusieurs mécanismes de financement de la retraite. Le Luxembourg, le Danemark ou encore les Pays-Bas disposent ainsi, à côté de leurs régimes publics, de dispositifs de retraite professionnelle reposant largement sur la capitalisation.
Les écarts de revenus à la retraite observés entre les pays européens invitent à s’interroger sur la place que peuvent occuper ces différents dispositifs dans la constitution des revenus futurs.
Cette comparaison ne signifie pas qu’un modèle serait nécessairement transposable à la France. Les systèmes de retraite dépendent de nombreux facteurs économiques, sociaux et démographiques propres à chaque pays.
Cependant, elle démontre qu’il est possible d’associer plusieurs sources de revenus pour financer notre retraite.
Anticiper sa retraite avec une épargne personnelle :
La retraite est une épargne qui s’anticipe. Pour les épargnants français, il peut être pertinent de compléter le système par répartition en se constituant progressivement une épargne personnelle.
Plusieurs solutions existent, notamment le Plan d’Epargne Retraite (PER), l’assurance-vie ou encore d’autres placements financiers.
Dans cette démarche, l’assurance-vie reste un outil particulièrement intéressant. Il ne s’agit pas uniquement d’une enveloppe destinée à transmettre un patrimoine. Elle peut également permettre de diversifier son épargne, de l’investir sur différents supports et de la faire évoluer dans le temps en fonction de son horizon de placement et de son profil de risque.
Son intérêt peut également résider dans sa souplesse au moment de la retraite. L’épargne constituée peut, selon les besoins de l’épargnant, être utilisée progressivement au moyen de rachats programmés afin de générer un complément de revenus.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de disposer d’un capital important à une date précise, mais de pouvoir transformer progressivement une épargne constituée pendant la vie active en ressources complémentaires au moment de la retraite. D’autant plus qu’au moment de son décès, le capital restant peut être transmis aux bénéficiaires à moindre coût fiscal… Ce qui n’est pas nécessairement le cas avec la retraite par répartition (cf. la pension réversion).
En conclusion, répartition et capitalisation ne s’opposent pas, elles se complètent :
La retraite obligatoire constitue un socle. La constitution progressive d’un patrimoine financier peut permettre, quant à elle, de diversifier ses futures sources de revenus et de mieux anticiper son niveau de vie à long terme.
Préparer sa retraite ne consiste pas seulement à savoir quelle pension nous recevrons demain. C’est aussi réfléchir, dès aujourd’hui, au patrimoine que l’on souhaite construire pour demain.
Toutefois, se constituer une épargne financière n’a rien d’évident. Il faut sélectionner les bons supports, tenir dans la durée, résister aux fluctuations de marchés et être attentif aux frais des contrats. C’est en cela qu’un accompagnement par des professionnels peut faire toute la différence, pour structurer une stratégie et éviter les erreurs de comportement.
A titre d’exemple, nous avons mis en avant la performance nette, de l’inflation et des frais financiers d’un placement, sur une durée de 40 ans, en nous basant sur les rendements passés du MSCI All World (dividendes réinvestis).
Le tableau ci-dessous vous présente les gains en capital pour des rendements nets théoriques :
Performance nette de l’inflation et des frais financiers d’un placement financier durant 40 ans sur du MSCI World
Sources : Refinitiv, INSEE, WeSave
| Hypothèses | ||||||
| Rendement annualisé du MSCI World | 9,80% | 9% | 8% | 7% | 6% | 5% |
| Inflation annualisée | 2,40% | 2,40% | 2,40% | 2,40% | 2,40% | 2,40% |
| Frais financiers annuels | 1,50% | 1,50% | 1,50% | 1,50% | 1,50% | 1,50% |
| Rendement annuel net | 5,90% | 5,10% | 4,10% | 3,10% | 2,10% | 1,10% |
| Durée placement (années) | 40 | 40 | 40 | 40 | 40 | 40 |
| Capital investi | 10 000 € | 10 000 € | 10 000 € | 10 000 € | 10 000 € | 10 000 € |
| Capital obtenu | 99 046 € | 73 132 € | 49 892 € | 33 911 € | 22 963 € | 15 490 € |
| Capital net | 89 046 € | 63 132 € | 39 892 € | 23 911 € | 12 963 € | 5 490 € |
Placer 10.000 € pendant 40 ans, avec un rendement net annualisé de 5,90%, permet de générer un capital additionnel et donc un pouvoir d’achat complémentaire réel à la retraite.
Le temps et la diversification sont de puissants alliés, à condition de rester investi. Mais cela ne signifie pas qu’il faut conserver le même niveau de risque toute sa vie.
Il peut être pertinent de réduire progressivement l’exposition aux marchés afin de limiter l’impact d’une baisse au moment où l’on commence à puiser dans son épargne.
Commencer à épargner tôt, diversifier ses placements et inscrire sa stratégie dans le temps sont autant de leviers qui peuvent permettre de préparer progressivement un complément de revenus pour la retraite.
WeSave est à votre disposition pour vous accompagner sur le sujet.