Marchés financiers :
« Spreads de crédit » aux États-Unis (en %).
Sources : Federal Reserve de Saint-Louis, WeSave

- Le «spread de crédit» est le surcroît de rendement exigé pour prêter des capitaux aux entreprises par rapport au coût d’emprunt de l’Etat.
- Celui des entreprises «High Yield» est plus élevé que pour l’ «Investment Grade», reflétant un risque de défaut de paiement supérieur.
- Aux États-Unis, le «spread de crédit» du «High Yield» s’établit à 2,6% contre une moyenne sur 3 ans de 3,2%.
- Pour l’ «Investment Grade», le différentiel est de 1% contre une moyenne de 1,1%.
Conséquences pour les portefeuilles :
Les niveaux actuels de «spreads de crédit», inférieurs à leurs moyennes historiques sur les deux segments d’obligations d’entreprises, traduisent un climat de confiance plutôt favorable envers les entreprises américaines, malgré les incertitudes économiques ambiantes. Cette relative sérénité contraste avec les accès de stress observés à intervalles réguliers, comme en avril 2025, où les investisseurs avaient brutalement réévalué à la hausse le risque de défaut, notamment sur le segment «High Yield». Pour l’épargnant, ces écarts constituent un indicateur avancé précieux : leur resserrement ou leur élargissement précède souvent les mouvements observés sur les marchés d’actions, les obligations d’entreprises réagissant généralement en amont des indices boursiers face aux évolutions du cycle économique et financier.
Macro-économie :
Répartition de la propriété des marchés de capitaux aux États-Unis par niveau de richesse
Sources : Reserve Fédérale, WeSave

- Aux États-Unis, le 1% de la population la plus riche détient à lui seul plus de la moitié des actifs sur les marchés financiers américains.
- Avec le top 90-99% des revenus, les 10% des ménages les plus riches concentrent 87,3% de la valeur totale des marchés, laissant à peine 12,7% aux 90% restants.
- Le top 50-90% des revenus ne détient que 11,6% des actifs cotés.
- Les 50% des ménages les moins riches ne possèdent qu’à peine 1,1% des marchés financiers.
Conséquences pour les portefeuilles :
La concentration de la propriété des marchés financiers reflète des inégalités patrimoniales profondes, plus marquées aux États-Unis que dans la plupart des économies développées. Les performances de la Bourse dépendent étroitement des décisions d’investissement et de consommation d’une minorité de ménages très fortunés, dont le comportement influence directement les indices et la confiance des marchés. Pour les 50 % des ménages les moins riches, l’exposition limitée aux marchés les prive largement des gains liés à la hausse durable des cours boursiers. Pour l’investisseur, la principale leçon est qu’une part croissante de la richesse mondiale se concentre entre quelques mains, ce qui peut fragiliser la stabilité des marchés à long terme et accentuer la sensibilité des cours aux décisions d’une poignée d’acteurs.